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Après une contraction de 3,4 % en 2020, le PIB réel mondial a rebondi d’environ 5,6 % en 2021, atteignant un nouveau sommet au premier trimestre. La croissance mondiale devrait ralentir à 4,2 % en 2022, soit un peu moins que les prévisions, en raison de performances plus faibles en Europe occidentale, en Amérique du Nord, en Chine continentale et au Japon.


Les approvisionnements sont extrêmement dépendants de l’inflation, car celle-ci peut amener les prix à la hausse. Nous avons déjà analysé les causes derrière cette pression inflationnaire; maintenant la question qui se pose est, est-ce que l’augmentation des prix est un phénomène conjoncturelle, ou est-ce qu’elle va perdurer en 2022 et 2023 ?

Tout comme le rebond de 2021 était généralisé, la plupart des régions connaîtront une décélération en 2022. Une exception notable est le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, où l’augmentation des recettes d’exportation du pétrole entraînera une reprise de la croissance. La croissance du PIB réel mondial s’établira à 3,4 % en 2023 et à 3,1 % en 2024, à mesure que les politiques budgétaires et monétaires se resserreront et que la demande refoulée des consommateurs sera satisfaite.

Avec la persistance de goulets d’étranglement dans les transports maritimes et de certaines pénuries d’approvisionnement critiques, l’inflation mondiale des prix restera élevée en 2022.

 

L’inflation mondiale des prix à la consommation a atteint 5,2 % en glissement annuel (g/a) en novembre et décembre 2021, son rythme le plus élevé depuis septembre 2008 (le Venezuela et le Zimbabwe sont exclus de tous les agrégats en raison des distorsions causées par l’hyperinflation). L’inflation mondiale restera probablement proche de 5,0 % au début de 2022 avant de s’atténuer progressivement en réponse aux baisses des prix des produits industriels et agricoles. Sur une base annuelle, l’inflation mondiale des prix à la consommation est passée de 2,2 % en 2020 à 3,8 % en 2021 et s’établira en moyenne à 4,1 % en 2022 avant de retomber à 2,8 % en 2023. Les risques pour les perspectives d’inflation sont concentrés à la hausse.

Un autre facteur qui vient aggraver la pénurie de matières premières et l’augmentation des prix est la guerre en Ukraine. Celle-ci produit des perturbations très importantes notamment sur le marché du titane, ainsi que le marché du gaz, une source énergétique difficilement remplaçable par les entreprises, notamment celles très énergivores.

Toutes ces données permettront aux entreprises de mettre en place des stratégies pour faire face à l’augmentation des prix, comme expliqué par l’un de nos experts récemment. Néanmoins, toute analyse doit prendre en compte les différentes causes de cette hausse, car celles-ci sont déconnectées et peuvent changer à tout moment (par exemple, un conflit de longue durée en Ukraine, une nouvelle pandémie, des changements politiques en Asie et en Europe…).

Le prix de la main d’œuvre augmente

 

Les pénuries de main-d’œuvre contribuent également à la hausse de l’inflation. Aux États-Unis, la participation à la population active reste inférieure aux niveaux pré-pandémiques et les taux de vacance d’emploi ont atteint des sommets. En Europe, le COVID-19 a perturbé les flux de travailleurs migrants. La politique du zéro COVID en Chine continentale et les changements démographiques restreignent l’offre de main-d’œuvre. Les pressions salariales sont les plus fortes dans les secteurs des services où les travailleurs sont les plus exposés au virus COVID-19. Les conséquences commerciales des pénuries de main-d’œuvre et des perturbations continues de la chaîne d’approvisionnement sont une plus grande automatisation des processus à forte intensité de main-d’œuvre, un approvisionnement proche de la source et une reconsidération des politiques de stocks allégés.

L’Europe occidentale est confrontée à une nouvelle crise en 2022

 

Après une poussée de croissance au milieu de l’année 2021, la croissance de la zone euro s’est brusquement ralentie à la fin de 2021 et au début de 2022 en raison de coûts énergétiques record, de perturbations continues de la chaîne d’approvisionnement et d’une augmentation généralisée des cas de COVID-19. Avec l’atténuation de ces vents contraires, la croissance devrait se renforcer au deuxième trimestre. Les économies axées sur les services en Europe du Sud devraient bénéficier d’un rebond du tourisme et des activités liées aux voyages au troisième trimestre. Après une baisse de 6,4 % en 2020 et une reprise estimée à 5,2 % en 2021, le PIB réel de la zone euro devrait augmenter de 3,7 % en 2022 et de 2,3 % en 2023.

L’Asie-Pacifique mènera la croissance économique mondiale, bénéficiant de la libéralisation des échanges

 

Le Partenariat économique global régional (RCEP) est entré en vigueur le 1er janvier 2022 pour les pays qui ont ratifié l’accord – Chine continentale, Japon, Corée du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande, Singapour, Thaïlande, Vietnam, Cambodge, Brunei et Laos. Un avantage important du RCEP réside dans ses règles d’origine favorables, qui apporteront des avantages cumulatifs tout au long des chaînes d’approvisionnement manufacturières. Cela contribuera à attirer des investissements étrangers directs dans des projets de fabrication et d’infrastructure dans les pays membres. Après une légère baisse de 1,0 % en 2020 et une croissance de 6,0 % en 2021, le PIB réel de l’Asie-Pacifique devrait augmenter de 4,8 % en 2022 et de 4,5 % en 2023. Pour les entreprises à la recherche d’alternatives de sourcing pour sécuriser leur approvisionnement, la zone Asie-Pacifique pourrait être une solution, malgré le prix du transport maritime, qui demeure très élevé.

Conclusion

 

L’expansion économique mondiale se poursuivra à un rythme modéré en 2022 et 2023, parallèlement à une transition de la pandémie de COVID-19 à l’endémie. Avec la poursuite des perturbations de l’offre, l’inflation restera élevée dans les mois à venir, ce qui entraînera un resserrement de la politique monétaire. Lorsque la croissance de la demande se refroidira et que les problèmes de la chaîne d’approvisionnement seront progressivement résolus, l’inflation diminuera. De ce fait, les entreprises devraient mettre en place des stratégies à moyen terme pour faire face à la hausse des prix, car en 2022 et 2023, l’approvisionnement sera toujours impacté par cette pression inflationniste. Les entreprises optimistes pourraient envisager une stabilisation des prix dans leur approvisionnement en Q3 2022, avec celles qui auraient une lecture pessimiste se projetant sur un horizon plus lointain, en 2024. La bonne réponse est certainement entre ces deux pronostiques, mais les causes multiples et diverses de l’augmentation des prix et les incertitudes qui planent encore sur la production mondiale ne nous laissent pas avancer d’autres scénarios avec certitude, hormis le fait de conseiller aux entreprises de se préparer à une année 2022 où l’approvisionnement sera impacté par l’inflation mondiale.

 

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